PointdevuedeBill :
Je viens de quitter l'aéroport, après être sorti de l'avion. Je ne perds pas de temps, j' ai vite récupéré mes valises et je suis monté dans le premier taxi que j'ai vu. Depuis le temps que j'attendais pour revoir Tom. Je commence à trouver le trajet long, mais le chauffeur me dit justement que l'on vient d'arriver. C'est une veine ! Je jette un regard vers l'extérieur, et en effet, nous sommes devant notre immeuble. Je le regarde, mélancoliquement. Ça fait trois mois que je suis parti, et rien n'a changé. Hormis la place des poubelles, et le chien n'était pas là non plus à mon départ. Sinon, les plantes du concierge sont toujours aussi mortes, et la porte n'est toujours pas lavée.
Je le paie, il me rend mes affaires et je me plante sur le trottoir, en face de la porte. J'ai un gros sac sur le dos, ma valise traîne derrière moi, et j'ai un sac à dos sur une épaule. Je dois faire rire. Mais je ne m'occupe pas du regard des autres, j'ai le c½ur gonflé de joie. Je suis impatient de pouvoir parler de vive voix à Tom, il me tarde de réussir à lui avouer la rupture. J'inspire un bon coup, comme avant de frapper à une porte derrière laquelle nous attend notre destin. Je tends la main, et pousse la porte d'entrée. Elle grince. Le concierge me saute pratiquement dessus, en demandant de mes nouvelles et le pourquoi de mon absence. Je lui dis vaguement que j'étais en voyage. Enfin, il me lâche.
Je continue de marcher, et pour aller plus vite, je décide de prendre l'ascenseur. J'arrive à me glisser juste avant que les portes ne se referment, et je lâche mes valises dans un grand bruit sourd, qui bien- sûr, énerve le concierge. Je souffle de soulagement et fait craquer mon cou. Mes épaules sont douloureuses. Je m'appuie contre le rebord de l'ascenseur et attend. Ce n'est pas si long que ça finalement. Je récupère vite mes sacs et je me précipite en dehors, traînant toujours la valise. Je parcours un instant le couloir et me retrouve devant le numéro de l'appartement que je partage avec Tom. Je suis tout excité à l'idée de le revoir, et je me fais tout plein de plan, pour trouver la meilleure façon de le retrouver. J'hésite entre lui sauter dessus ou rester humble et ne le prendre que dans mes bras, calmement. Je ne sais pas.
Et finalement, je décide d'improviser. Ce ne sera que meilleur ! Je frappe trois coups secs, et pose mon sac, pour mettre plus à l'aise afin d'attendre. Je sais qu'il est toujours long à répondre. À vrai dire, je fais toujours pareil, je prends mon temps, et même je regarde qui c'est avant d'ouvrir. Je ne suis pas parano, mais il le faut bien quelque fois. À cause des fans. D'ailleurs, nous avons interdit au concierge d'inscrire notre nom à l'entrée. Notre sonnette, est anonyme. Seuls nos amis savent que nous habitons là.
J'entends, après quelques secondes, le verrou s'actionner. La chaînette coulisse dans un bruit de métal, et la poignet s'abaisse. Le stress me prend au tripes. Je souffle fortement, et arbore mon plus grand sourire. J'ai envie de crier, de sauter, de courir. Je ne sais pas vraiment ce que je vais faire, mais je ne vais pas pouvoir être discret. La porte s'ouvre, doucement trop lentement. Étant chez moi, je la pousse plus vite et cris le prénom de mon frère. Je suis horriblement surpris de voir ce qui se trouve derrière la porte, et les paroles de mon frère m'achèvent :
- Non Bill n'ouvre pas ! Attends !
Je viens de quitter l'aéroport, après être sorti de l'avion. Je ne perds pas de temps, j' ai vite récupéré mes valises et je suis monté dans le premier taxi que j'ai vu. Depuis le temps que j'attendais pour revoir Tom. Je commence à trouver le trajet long, mais le chauffeur me dit justement que l'on vient d'arriver. C'est une veine ! Je jette un regard vers l'extérieur, et en effet, nous sommes devant notre immeuble. Je le regarde, mélancoliquement. Ça fait trois mois que je suis parti, et rien n'a changé. Hormis la place des poubelles, et le chien n'était pas là non plus à mon départ. Sinon, les plantes du concierge sont toujours aussi mortes, et la porte n'est toujours pas lavée.
Je le paie, il me rend mes affaires et je me plante sur le trottoir, en face de la porte. J'ai un gros sac sur le dos, ma valise traîne derrière moi, et j'ai un sac à dos sur une épaule. Je dois faire rire. Mais je ne m'occupe pas du regard des autres, j'ai le c½ur gonflé de joie. Je suis impatient de pouvoir parler de vive voix à Tom, il me tarde de réussir à lui avouer la rupture. J'inspire un bon coup, comme avant de frapper à une porte derrière laquelle nous attend notre destin. Je tends la main, et pousse la porte d'entrée. Elle grince. Le concierge me saute pratiquement dessus, en demandant de mes nouvelles et le pourquoi de mon absence. Je lui dis vaguement que j'étais en voyage. Enfin, il me lâche.
Je continue de marcher, et pour aller plus vite, je décide de prendre l'ascenseur. J'arrive à me glisser juste avant que les portes ne se referment, et je lâche mes valises dans un grand bruit sourd, qui bien- sûr, énerve le concierge. Je souffle de soulagement et fait craquer mon cou. Mes épaules sont douloureuses. Je m'appuie contre le rebord de l'ascenseur et attend. Ce n'est pas si long que ça finalement. Je récupère vite mes sacs et je me précipite en dehors, traînant toujours la valise. Je parcours un instant le couloir et me retrouve devant le numéro de l'appartement que je partage avec Tom. Je suis tout excité à l'idée de le revoir, et je me fais tout plein de plan, pour trouver la meilleure façon de le retrouver. J'hésite entre lui sauter dessus ou rester humble et ne le prendre que dans mes bras, calmement. Je ne sais pas.
Et finalement, je décide d'improviser. Ce ne sera que meilleur ! Je frappe trois coups secs, et pose mon sac, pour mettre plus à l'aise afin d'attendre. Je sais qu'il est toujours long à répondre. À vrai dire, je fais toujours pareil, je prends mon temps, et même je regarde qui c'est avant d'ouvrir. Je ne suis pas parano, mais il le faut bien quelque fois. À cause des fans. D'ailleurs, nous avons interdit au concierge d'inscrire notre nom à l'entrée. Notre sonnette, est anonyme. Seuls nos amis savent que nous habitons là.
J'entends, après quelques secondes, le verrou s'actionner. La chaînette coulisse dans un bruit de métal, et la poignet s'abaisse. Le stress me prend au tripes. Je souffle fortement, et arbore mon plus grand sourire. J'ai envie de crier, de sauter, de courir. Je ne sais pas vraiment ce que je vais faire, mais je ne vais pas pouvoir être discret. La porte s'ouvre, doucement trop lentement. Étant chez moi, je la pousse plus vite et cris le prénom de mon frère. Je suis horriblement surpris de voir ce qui se trouve derrière la porte, et les paroles de mon frère m'achèvent :
- Non Bill n'ouvre pas ! Attends !
'*.
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Oui, nous nous étions séparés. Elle n'avait pas apprécié le fait que je raconte n'importe quoi sur elle, et puis de toute façon, ce n'était plus comme avant : ce qui était vrai ! D'après elle, je n'étais plus aussi attentif à elle qu'avant. Foutaises ! C'est le contraire qui s'était passé. Mais ça la bouffait de devoir l'avouer. Elle avait tord, et elle le savait. Mais son orgueil l'empêchait de l'avouer. Bien sûr, si j'avais été celui qui avait demandé la rupture, elle m'aurait insulté, elle m'aurait traité de tous les noms en disant que je ne la méritais pas. Alors que là, je n'avais pas mon mot à dire. Elle l'avait décidé, et je devais la suivre : je devais être d'accord.
Je devais tout prendre sur moi. Elle, bien sûr, avait tous les droits sur moi, elle avait le droit de m'insulter, de me rabaisser, de m'humilier en public : c'était normal ! Alors que, la moindre brimade, la moindre remarque que j'osais lui faire était une occasion de se disputer. Je commençais à me rendre compte qu'elle m'avait utilisé. Mais je l'aimais toujours, et je l'aime toujours, et c'était douloureux de se l'avouer. Et comme je l'aimais toujours, je lui pardonnais ses sautes d'humeur, ou ses changements brutaux de comportement. Mais vers la fin, la toute fin, je ne me laissais plus faire. Et le coup du type au gars m'avait blessé. Elle m'avait vraiment lésé, ça m'avait détruit, et pour la première fois depuis le début du voyage, je désirais rentrer chez moi.
J'avais eu des ruptures difficiles, des ruptures douloureuses. Mais celle là m'avait anéanti. Je m'étais donné à corps perdu dans cette histoire. Je m'étais donné comme jamais, j'étais terriblement amoureux. On avait été tellement heureux, je ne comprenais comment, du jour au lendemain, comme ça, on se soit retrouvés là. Comment ç'avait pu dégénérer comme ça entre nous, comment on avait pu en arriver à la rupture ? Non, je ne pouvais pas me le dire. Je refusais catégoriquement, de me l'avouer. Vous avez déjà vécu une rupture pareille ? Une telle rupture ? Le genre de rupture qui laisse vraiment des marques. Pendant des mois entiers vous vous posez des questions, sur comment vous avez pu laisser faire ça, sur ce qui aurait bien pu faire échouer votre histoire ? Vous vous questionnez à longueur de journée, votre moral est toujours au plus bas. Vous n'allez pas bien du tout. Vous aimez toujours cette personne, et vous vous dites que vous êtes maso de vous accrochez comme ça, et de ne pas réussir à vous en défaire. Vous trouvez ça vraiment con, d'imaginer que chacun de ses regards, chacun de ses gestes vous est adressé, et qu'il y a toujours une chance entre vous. Vous vous imaginez toute sorte de scénario, plus farfelus les uns que les autres, où elle revient vers vous et vous dit combien elle tient à vous et qu'elle ne peut pas vivre sans vous. Vous en venez même à vous imaginer dans ses bras lorsque, seul dans votre lit, la tristesse et la détresse, devenues vos deux meilleures amies vous oppressent au plus profond de votre âme, et que seuls, ses bras, même les plus frêles, peuvent réussir à vous refaire sourire.
J'en étais à ce point là de désespoir. Je passais des journées vraiment navrantes, soit enfermé dans la chambre, soit dans l'hôtel, à la piscine ou au restaurant. Certains jours, quand j'étais plus mal encore que d'habitude, je me surprenais à errer dans ces rues dans lesquelles nous étions, le fameux soir du couché de soleil. Et bien sûr, plus seul au monde que Robinson, je me mettais à pleurer. Recroquevillé sur moi-même, je pleurais et parlais tout seul, lui disant combien je tenais à elle, et combien je la détestais de m'avoir laissé pour ça. Parce- que oui, je la détestais autant que je l'aimais. C'est pour dire. Alors je pleurais un moment, et puis, me sentant mieux, comme si j'avais été libéré de toute cette souffrance, je retournais à l'hôtel, dans lequel je la voyais assise seules dans un fauteuil du bar, un verre à la main. Un verre de Scotch. C'est toujours ce qu'elle buvait lorsqu'elle n'était pas bien. Et parfois, étant d'humeur taquine, je prenais plaisir à m'asseoir en face d'elle, et à la fixer pendant un moment. Ça me faisait plus de mal qu'autre chose, mais pendant un moment, je pouvais la regarder sans me gêner. Et je savais que ça la gênait, je savais qu'elle n'aimait pas ça. C'est d'ailleurs pour cette raison que je le faisais ! Même si je me mettais à pleurer, une fois la porte de la chambre passée.
Mes yeux, ne pouvaient pas mentir, je le savais bien. Même si j'essayais de faire passer de la haine à travers mon regard, c'était, désespérément, de l'amour que l'on lisait dans mes yeux. Et elle me fixait parfois elle aussi. Et c'est dans ces moments là que je sentais mon c½ur se gonfler d'espoir et mon ventre se tordre, tellement les papillons étaient forts. Je ne tenais jamais très longtemps à ce jeu. Mais lorsque ça arrivait, je repartais joyeux dans la chambre : elle m'avait regardé, elle avait fait attention à moi. Et ça me suffisait un regard et j'étais joyeux, un simple sourire et je me retrouvais heureux. Jusqu'au moment où j'étais allongé dans le lit, et elle sur le canapé, je ne pouvais m'empêcher de pleurer. Parfois, je l'entendais, elle aussi sangloter, et mon c½ur battait la chamade : elle pleurait pour moi. Et chaque fois, je l'invitais dans mon lit, juste pour la réconforter. Et comme un pauvre con, j'espérais vraiment qu'elle accepte. Mais elle me disait toujours : « C'est fini entre nous Bill. » et ça me tuait.
PointdevuedeTom :
Depuis le temps que j'attendais ce moment, je me retrouve à stresser comme un con dans mon salon. Personne n'est là pour me rassurer, même pas lui. Bill devrait arriver dans un quart d'heure exactement. Son avion du moins. J'ai envie de l'appeler de suite après son débarquement. Mais il ne répondra pas, et ça me stresse encore plus. Je vais devoir tout lui dire et lui présenter. J'aurai peut-être du attendre quelques jours : lui dire et lui avouer, puis ensuite, lui présenter. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis seul, et j'ai l'impression de revenir à mes débuts.
En fait : non. Je ne stresse pas, je suis juste impatient. Impatient de pouvoir le prendre dans mes bras, impatient de le revoir, impatient de tout lui dire. Et ce qui me fait peur, c'est que je ne sais pas comment lui dire, ni comment faire pour le saluer dignement, et lui faire comprendre combien il m'a manqué. Je ne sais pas si je dois lui sauter dessus, ou alors le prendre calmement dans mes bras, simplement. Je ne sais pas. Et puis au final, je vais improviser.
Je suis dans mon canapé, à fumer ma énième cigarette. Et toujours personne pour me réconforter. Je suis devenu dépendant, moi, au réconfort. Et oui, mes sentiments ont changé envers tout le monde. Je ne ressens plus ce que je ressentais envers Bill au début, et j'en suis libéré. C'était vraiment quelque chose d'énorme. Et je me demande encore comment j'en ai pu arriver là. Maintenant, c'est pour quelqu'un d'autre que je ressens ça, mais comment lui expliquer ? Je sais qu'il acceptera tout ça, qu'il m'acceptera tel que je suis vraiment. Mais il se moquera peut-être de moi, il voudra me charier, m'embêter. Mais ce n'est pas le plus grave. Ce sera gentil, je le sais. Mais ce dont j'ai peur, et vraiment peur, c'est qu'ils ne s'entendent pas; Et que Bill ne comprenne pas le pourquoi du comment, et ne comprenne pas comment on peut être autant comme lui. Il sera peut-être même choqué.
Je recrache la fumé une dernière fois, avant d'écraser la cigarette contre un dessous de verre, posé sur la table basse. La flemme d'amener un cendrier, m'oblige bien à faire comme ça. Je me lève et vais ouvrir les fenêtres. Je reste un instant, penché contre le rebord de l'ouverture, et baisse la tête, comme si je me mettais à pleurer. Mais non, je vérifie juste qu'il ne soit pas là. Il doit arriver. D'une minute à l'autre, je serai avec lui. J'ai besoin de lui maintenant. Ça aussi, peut-être que Bill n'acceptera pas que je sois aussi dépendant de quelqu'un, peut-être qu'il croira que je l'ai oublié, que je ne l'aime plus comme avant. Mais c'est faux, et je lui dirai ! Je l'aime toujours autant, et quand il saura comment je l'aimais avant son départ, il sera soit choqué, soit heureux. Mais j'ai changé, et peut-être qu'il n'aimera pas le nouveau Tom. Autant de choses qu'ils font que je vais devenir fou s'il n'arrive pas rapidement.
Ma tête est pleine de tout ce que je dois dire à Bill, et ce que je dois lui expliquer. Elle est pleine de dilemmes, allant du plus petit dilemme, aussi petit soit- il, au plus gros des dilemmes qui m'empêche de penser correctement. Je suis déchiré entre deux personnes. Je sais déjà ce que je ressens, et je suis quelque peu libéré de ça. La tête encore baissée : je le vois arriver. Il est là. Il vient d'arriver. Je reste à la fenêtre, je ne sais pas quoi faire pour lui dire. Je vais le laisser arriver et attendre Bill. Je serai déjà avec lui, et c'est beaucoup. On sera ensemble.
Il vient d'entrer dans l'appartement, et cri son arrivée. Je me retourne un sourire triste aux lèvres. Il lâche son sac et vient de suite me prendre dans ses bras. Il me serre fort et je ne peux retenir des larmes. Il me réconforte, j'ai tellement besoin de Bill. Lui, est là, mais je veux Bill. Je veux mon frère, je vais craquer sinon. Trop de temps passé séparés, je ne veux plus jamais le quitter. Plus jamais je ne le laisserai partir seul. Il m'a trop manqué. Il me fait m'asseoir sur le canapé et dit qu'il va me chercher un verre d'eau. Je l'accepte volontiers. Il se lève donc, après m'avoir, une dernière fois serré dans ses bras. Je suis toujours sur le canapé à me morfondre, et à geindre. Il ressort de la cuisine, un grand verre à la main, et juste à ce moment, on entend trois petits coups secs donnés à la porte. Je reconnais cette façon de taper : Bill. Bill est là, mon frère est de retour. Je ne veux qu'une chose, c'est être dans ses bras. Mais il va ouvrir, il ne faut surtout pas que ça se passe comme ça ! Je ravale mes larmes rapidement et cri :
- Non Bill, n'ouvre pas ! Attends !
Peut- être un peu trop tard...
'*.
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**
J'étais amoureux de Bill. Je n'étais pas amoureux de mon frère, mais de Bill. Il y avait une nuance. Même si... Je l'aimais, et je comptais bien lui dire aujourd'hui. Mais je ne savais pas comment m'y prendre, je voulais que se soit parfait. Je voulais qu'il s'en souvienne toute sa vie de ma déclaration. Je voulais la rendre unique. Ce jour là, nous étions allés faire les boutiques, ensemble, tous les deux. On avait aussi pris de magnifiques photos. J'étais assis sur le lit, et lui me faisait un défilé de tout ce qu'il s'était trouvé. Je le regardais envieusement. Il passait et repassait devant moi, tapant la pause et me faisant rire. Des tenues toujours différentes et toutes aussi extravagantes les unes que les autres. J'appréciais le spectacle à sa juste valeur. Je lui avais aussi fait acheté un slip kangourou. Il détestait ça, et moi aussi, je trouve ça tellement ringard ! Mais pour rire, on l'avait acheté, avec un autre magnifique boxer blanc, qui lui allait à la perfection, et si je m'étais écouté, je l'aurai baisé dans la cabine d'essayage. Mais Tom sait se tenir, et je m'étais retenu de lui sauter dessus. Il était justement en train de passer devant moi avec son slip kangourou qu'il portait fièrement, avec, me disait-il, une surprise en dessous. Je le regardais, je l'admirais, je le dévorais littéralement des yeux, et je pensais à tout ce que nous avions déjà fait nus, et en voyant son corps, et imaginant le reste, un énorme frisson me parcourut. J'étais à présent dans un autre monde, celui de mes souvenirs, qui m'envahissaient toujours plus. Jusqu'à me faire perdre la tête. Il remarqua mon absence, et s'approcha de moi, il n'avait plus son slip kangourou, il avait le blanc. C'était ça la surprise. Je levai les yeux vers lui et il me lança un magnifique sourire, me demandant si ça allait. J'allais très bien depuis qu'il était près de moi.
Ma main allait se poser derrière son genoux, et le tirer vers moi. Mon pouce caressait sa peau tendrement. Il fut forcé de m'enjamber. Ses jambes étaient posées de chaque côté de moi, ma main toujours derrière son genoux. Il posa une des siennes sur mon torse et s'assit doucement sur mes cuisses. Mes mains allèrent alors dans son dos, lui caressant amoureusement. Il cola son torse au mien et m'embrassa dans le cou. Je soupirai d'aise, et j'étais à la limite de tomber en arrière. Ma main était à présent sur ses fesses, et palpait. Lui arrachant quelques soupirs plaisants.
Ma tête lancée en arrière lui offrant tout mon cou, il en profita pour me pousser à m'allonger. C'est sans offrir de résistance que je le fis. Il était à présent à califourchon sur mon bassin qui commençait à se réveiller. Il mit ses deux mains de chaque côté de ma tête et se baissa pour m'embrasser. Il déposa ses lèvres sur les miennes, appuyant fortement, puis se décolla et revint. Je sentis qu'il entr' ouvrait la bouche et qu'il passait sa langue sur mes lèvres. Je fermai les yeux et mes mains se posaient sur sa chute de rein, descendant dangereusement. J'ouvris à mon tour ma bouche et ma langue partit à l'assaut de la sienne. Elle se rencontrèrent et commencèrent à danser sensuellement, accélérant le rythme de temps en temps, pour finalement revenir à des simples caresses, touchant à peine la langue de l'autre du bout de la sienne. C'était tellement bon. Il finit par lâcher mes lèvres et sa main partit se poser sur mon torse. Il m'effleurait à peine la peau, me regardant tendrement, la tête penchée sur le côté. Il était beau, il avait un air d'enfant. Je le trouvais magnifique.
Je lui tenais toujours les hanches, et je le regardais faire, frissonnant sous ses doigts. On parlait aussi, une conversation intéressante, malgré le moment qui n'était pas à la discussion. De temps en temps, lorsque je disais quelque chose de marrant, ou que ça l'étonnait, il effectuait des soubresauts, qui me faisaient me contracter en serrant ses hanches. Il oubliait sans doute où est-ce- qu'il était assis, et oubliait de faire un peu attention, surtout que ce n'était pas très calme sous mon boxer. Il s'excusait mais finissait toujours par rire et recommencer. À un moment, en ayant marre de me faire martyriser de la sorte, je lui tins plus fort les hanches et le fis basculer sur le côté. Je me relevais et lui me regardait surpris, il avait un air d'incompréhension totale sur le visage, je ris un peu et lui expliquai que je commençais fortement à être excité à cause de lui en me penchant vers lui. Il se dressa sur ses coudes et se fit glisser jusqu'au fond du lit, me faisant le suivre à quatre pattes. Il me parlait toujours, m'incitant à le suivre. Il finit par s'arrêter et je continuai ma route, jusqu'à me trouver entre ses cuisses et pouvoir l'embrasser.
Toujours dressé sur ses coudes, il tendait le cou pour approfondir le baiser. Ses lèvres étaient envoûtantes, et ce contact me procurait bien plus de sensations que quoi que se soit. Je finis par m'allonger sur lui, ne supportant plus la distance qu'il y avait entre nos deux corps. Il poussa un petit cri dans notre baiser, ouvrant les yeux de surprise, mais ma main alla se poser sur l'élastique de son nouveau boxer il se re-détendit. J'allai lui caresser les flancs en m'appuyant plus fort sur lui. Il entourait mon corps de ses jambes fines, et forçait un peu plus le contact de nos deux virilités. Hugh ! C'était trop bon. Ses bras entouraient mon cou et ses jambes mes hanches, il était pendu à moi comme un bébé que l'on dépose doucement dans son berceau. Je fondais face à son expression d'extase quand je lui léchais le torse. Ses mains, à présent dans mon dos, me griffaient. Et des frissons me faisaient tressaillir. Ses ongles étaient tout aussi orgasmique que son corps. Il ondulait du bassin, et moi, appuyé sur mon coude, je me faisais glisser sur son corps, ses pieds sur mes fesses appuyaient toujours plus nos virilités l'une contre l'autre. Je ne sais pas comment il fit ça, mais il fit passer son pied dans mon boxer et me le baissa. Les fesses à l'air, je continuais mes mouvements de friction contre lui. Et ses orteils vinrent pincer une de mes fesses. Surpris, je donnai un puissant coup de rein, et poussant un gémissement étouffé.
Il me sourit malicieusement et vint m'embrasser. Ses lèvres. Il mordait ma lèvre et la tirait quand je donnais un coup de plus. Je sentais mon sexe pulsait contre le sien, et même à travers mon jean, je sentais le sang passait dans le sien. Il fit glisser ses mains jusqu'à ma braguette, et trifouilla un instant pour l'ouvrir. Je baissai la tête et l'observai faire, le souffle court. Je me redressai lorsqu'il l' eu ouverte, pour lui permette de faire glisser mon jean. Une fois en boxer je me recouchai sur lui, reprenant possession de ses lèvres. Son pied retourna dans mon boxer, et faisait des aller- retours fondants.
- Déshabille toi. me dit Bill dans un soupir.
Je lui obéis, devenu impatient. Une idée me passa par la tête. J'étais heureux, et dans un élan de fougue, je le déshabillai lui. Me décollant un peu de son corps en feu, mes lèvres descendirent le long de son torse,jusqu'à son ventre. Il était cambrait au maximum, et son ventre se levait irrégulièrement dans des soupirs de plaisir. Il soupirait mon nom. Je descendis doucement mes doigts jusqu'à son boxer, et je tirai, tout aussi tendrement.
- Plus vite, Tom.
Je levai les yeux et le regardai. Son cou était tendu, sa tête rejetée en arrière, la bouche entr'ouverte, les yeux mis- clos. Ses lèvres bougeaient et sa pomme d'Adam montait et descendait frénétiquement, signe qu'il parlait. Je crus lire sur ses lèvres des injures, des jurons qui ne faisait que m'excitaient encore plus. Je lui fis glisser le tissus tout le long de ses longues jambes. Sans accélérer la cadence, non, toujours calmement. Je le fis valser loin, sur une pile de vêtements sales. Peu importe où en fait. Je remontai directement vers lui. Appuyant avec mon bassin sur sa fierté dressée. Dans un gémissement, je lui demandai :
- Alors, je t'ai, han, manqué ?
- Prends moi Tom !
J'avais atteint le summum du désir, et je ne demandais que ça : lui faire l'amour. Je lui embrassais avidement les lèvres, lui mordillant la langue par moment, continuant mes attouchements. Il insista :
- Fais moi l'amour bordel !
Je ne pus résister un instant de plus. Je descendis mes lèvres tout le long de son corps le faisant toujours plus gémir. Ma langue était quelque fois de la partie. Arrivé à sa virilité enflée, je passa mes lèvres à sa base. Il sa cambra en avant sous le coup de la surprise en poussant un juron inaudible. Je finis par me lever et partir vite dans la salle de bain à la recherche du tube de lubrifiant. Je ne voulais vraiment pas le blesser, ni physiquement en lui faisant mal, ni moralement, en le blessant par le fait de le baiser sauvagement en lui faisant mal et par la suite, qu'il pense qu'il ne reste là que pour le sexe. Non ! Mes idées étaient confuses, je n'arrivais pas à aligner trois mots correctement.
Ayant enfin trouvé ce putain de lubrifiant je repartis dans la chambre, où Bill m'attendait, les poings serrés sur les couvertures, essayant de réguler sa respiration. N'attendant même pas que se soit lui qui m'en mette, je montai à quatre pattes sur le lit et à genoux entre ses jambes, je m'en étalais en soupirant son nom. Lui, me regardait faire en jurant toujours autant. Notre corps à corps allait commencer, on ne pouvait plus reculer. Je me baissai pour balancer ce petit tube et mes lèvres allèrent s'aimanter sur ses cuisses. Je bascula de nouveau entre ses cuisses, embrassant à présent l'intérieur de ses cuisses, et remontant. Son bassin était vraiment cambrer, il me disait que ça lui faisait mal d'attendre.
- J'en peux plus Tom. Prends moi !
Je fis le sourd, et mes lèvres continuaient leur chemin sur son corps. Je passais tout proche de son sexe, et remontais sur son ventre, toujours aussi agité. Enfin, pour moi, j'arrivais à son cou, je lui suçais avidement la peau, me plaçais correctement à son entrée. Ma main sur ses fesses, je lui écartais pour y introduire un de mes doigts. Je sentis de la résistance au début, mais il finit par se détendre totalement et mon doigt y passa sans problème. Je le bougeais, le retournais, le tordais. Je m'amusais presque à le torturer de la sorte. Il gémissait à mon oreille, et me la mordait lorsque le plaisir se faisait trop intense. J'attendis qu'il pousse un cri pour comprendre qu'il était vraiment prêt à s'ouvrir pour moi. Il s'appuyait sur ses jambes pour se coller plus à moi frotter son sexe contre moi. Je souffrais tellement de mon entre- jambe.
- Tu bandes comme un taureau Tom, t'attends quoi ?
Je donnai juste un coup de rein sous ses testicules, à cet endroit si érogène chez les hommes. Il cria en avalant de travers. Mon Dieu que j'avais mal. Ma main toujours sur son derrière, je lui palpais, j'adorais le sentir sous mes mains. Mon sexe trouva son entrée, et y resta posé une seconde, pas plus. Je poussai un peu, taquinant mon gland. Je gémissais. Je pus faire pénétrer mon sexe en entier qu'après plusieurs tentative, tellement le plaisir qui m'envahissait était insurmontable. J'allais m'évanouir. Ma tête me tournait, je n'arrivais plus à trouver mon air. Mes coups de rein se faisaient irrégulièrement. Mon front contre son front je soufflais sur son visage en extase. Il grimaçait de plaisir et criait mon nom. Mes bras me tenaient, je ne pouvais pas le toucher. Son regard était électrique. On n'entendait plus que nos gémissements surpuissants, voire nos cris, et le bruit de mes entrés et sorties en lui.
- Plus vite.
- Tu me fais délirer Bill.
Oui, je délirais au sens propre du terme. Le plaisir qu'il me procurait lorsqu'il se contractait autour de mon sexe, le frottement du sien sur mon ventre, ses jambes entourées autour de mes hanches qui me serraient toujours plus fort et me collaient toujours plus à lui. Plusieurs fois, je réussis à toucher sa prostate et à lui arracher un cri qui lui cassait la voix. J'étais essoufflé l'air ne rentrait plus dans mes poumons, mais ne faisait qu'en sortir. Je me sentais vidé, mais je n'arrivais pas à m'arrêter, j'étais ivre de plaisir. Il ondulait sous moi, accentuant mes mouvements, mes testicules arrivaient même à le toucher parfois. Je ne faisais que soupirais son prénom et jurais combien c'était bon. L'idée que j'avais eue durant les préliminaires, me revint en tête comme par magie. C'était le moment :
- Je t'aime Bill !
Je l'avais dit juste avant la délivrance, les papillons descendant dans mon bas ventre. Il avait jouit juste avant moi, en entendant ma voix sûrement. Il s'était contracté autour de mon sexe, et ses jambes s'étaient serrées si fort sur moi que ç'avait provoqué mon orgasme. Je ne pus résister à la tentation de rester quelque peu en lui. Derniers coups de rein pour ralentir doucement la cadence, et reprendre des forces doucement.
Je lui avais avoué.
_________________________________________ Chapitre 10
PointdevuedeBill :
Le jour de mon retour, j'ai été vraiment choqué. Je m'attendais à tout sauf à ça. Et lorsque Tom m'expliqua tout en détail, je fus encore plus choqué. Mais je ne fis aucun commentaire, il n'avait pas besoin de ça. Il était vraiment anéanti, autant par mon absence que par ce secret qu'il a gardé tant de temps, pour finalement le changer en un autre secret, tout aussi lourd à porter. Surtout pour lui. Nous avons continué notre vie, moi apprenant à connaître son secret, et lui, apprenant à vivre avec.
Après mon absence, donc, les tournées ont repris, les promos, les interviews. Nous avons repris notre vie de star, et Tom devait prendre énormément sur lui pour tenir la distance. Il était loin de ce dont il avait besoin, et devait garder la face, face aux journalistes avides de scoops sur sa nouvelle vie, et prêts à tout pour faire vendre leur torchons. Les rumeurs sur nous deux on grossi, et les paparazzis nous rendaient la vie dure. Mais nous étions ensemble, tous les quatre avec Georg et Gustav, et David savait bien gérer ce genre de situation. Nous étions, tous les deux : Tom& moi, et invincibles comme toujours.
Seul, nous étions très fort, mais à deux, rien ne pouvait nous arrêter. Et nous nous sommes toujours soutenus. Il supportait moins bien que moi la pression. Il faut dire que j'étais habitué, grâce aux rumeurs sur mon homosexualité, ou sur les doutes que les gens pouvaient avoir sur ma vraie nature : homme ou femme. J'étais blindé contre tous et tout. Tom, par contre, n'était pas habitué à tout ça. Et comme il l'avait fait pour moi quelques années auparavant, je l'avais soutenu, toujours. J'avais toujours été derrière lui, pour le rassurer, et lui dire de ne pas porter attention à tout ce que les gens pouvaient raconter sur lui, sur eux, sur nous.
C'est difficilement, que nous nous en sommes sortis. Mais toujours à deux. Et finalement, le groupe n'a pas résisté à la pression qui pesait sur lui. Nous avons décidé d'arrêter tout ça, avant que ça ne nous dépasse totalement. Gustav a rejoint un autre groupe, qui connaît à présent un beau succès. Pas aussi fulgurant que Tokio Hotel, mais il était heureux, et je l'étais pour lui. Georg, lui est devenu médecin, comme ses parents l'avaient décidé lors de son enfance. Il jouait toujours de la basse, dans un petit groupe. Il prenait plaisir à retrouver la vie simple et paisible qu'il avait autrefois. Pour Tom et moi, nous étions toujours ensemble. Je n'avais pas oublié Iris, et j'en souffrais toujours, mais il était là. J'avais finalement terminé dans le domaine de la mode, et j'étais soit mannequin, soit créateur. Et croyez moi, j'étais le plus heureux des hommes. Tom, lui, avait monté sa chaîne de magasins d'instruments. Il était devenu un véritable homme d'affaires. Un homme d'affaires bien dans son genre. Il ne s'occupait de rien. Et c'était ce qu'il lui plaisait le plus : ne rien faire.
Nous nous retrouvions souvent. Nous étions tellement proches. Nous habitions dans la même ville, et nous passions tellement de temps ensemble, que chacun avait sa chambre chez l'autre. Le succès du groupe nous avait vraiment ouvert les portes à beaucoup de choses, et nous avait permis de faire ce que nous désirions. Grâce à notre notoriété, les affaires avaient commencé bien vite, et avait été directement très fructueuses. De temps en temps, la mélancolie étant plus forte qu' à d'autre moment, nous ne résistions pas à faire quelques concerts. Et les fans étaient toujours au rendez-vous, comme au summum de notre gloire. Ça nous faisait du bien de retrouver la scène et les sensations toujours aussi tripantes.
Nous avions aussi pu retrouver nos familles et nos anciens amis. Andréas était toujours là. Nos parents respectifs étaient tellement fiers de leurs enfants. Tom avait réussi à tout avouer à nos parents qui l'avaient extrêmement bien pris et l'avaient même félicité en le serrant dans leurs bras comme lorsque nous étions petits et qu'ils étaient heureux d'une note qu' on leur avait ramenée.
- Tant que tu es heureux comme ça, ça nous va ! Et je suis fière d'avoir un fils comme toi. Vous êtes tellement beaux mes fils.
Avait dit notre mère en apprenant la nouvelle. Elle avait réussi sa vie disait-elle. Elle était au comble du bonheur.
Je ne pouvais m'enlever de la tête tout ce qu'il m'avait dit, ça me tourmentait. Et au fond, je me demandais même si je n'étais pas jaloux de tout ça. Si je n'aurai pas préféré être à la place de ce secret, et occupait cette place en plus de la mienne dans le c½ur de Tom. Mais je trouve quand même que je l'aie relativement bien pris.
Le jour de mon retour, j'ai été vraiment choqué. Je m'attendais à tout sauf à ça. Et lorsque Tom m'expliqua tout en détail, je fus encore plus choqué. Mais je ne fis aucun commentaire, il n'avait pas besoin de ça. Il était vraiment anéanti, autant par mon absence que par ce secret qu'il a gardé tant de temps, pour finalement le changer en un autre secret, tout aussi lourd à porter. Surtout pour lui. Nous avons continué notre vie, moi apprenant à connaître son secret, et lui, apprenant à vivre avec.
Après mon absence, donc, les tournées ont repris, les promos, les interviews. Nous avons repris notre vie de star, et Tom devait prendre énormément sur lui pour tenir la distance. Il était loin de ce dont il avait besoin, et devait garder la face, face aux journalistes avides de scoops sur sa nouvelle vie, et prêts à tout pour faire vendre leur torchons. Les rumeurs sur nous deux on grossi, et les paparazzis nous rendaient la vie dure. Mais nous étions ensemble, tous les quatre avec Georg et Gustav, et David savait bien gérer ce genre de situation. Nous étions, tous les deux : Tom& moi, et invincibles comme toujours.
Seul, nous étions très fort, mais à deux, rien ne pouvait nous arrêter. Et nous nous sommes toujours soutenus. Il supportait moins bien que moi la pression. Il faut dire que j'étais habitué, grâce aux rumeurs sur mon homosexualité, ou sur les doutes que les gens pouvaient avoir sur ma vraie nature : homme ou femme. J'étais blindé contre tous et tout. Tom, par contre, n'était pas habitué à tout ça. Et comme il l'avait fait pour moi quelques années auparavant, je l'avais soutenu, toujours. J'avais toujours été derrière lui, pour le rassurer, et lui dire de ne pas porter attention à tout ce que les gens pouvaient raconter sur lui, sur eux, sur nous.
C'est difficilement, que nous nous en sommes sortis. Mais toujours à deux. Et finalement, le groupe n'a pas résisté à la pression qui pesait sur lui. Nous avons décidé d'arrêter tout ça, avant que ça ne nous dépasse totalement. Gustav a rejoint un autre groupe, qui connaît à présent un beau succès. Pas aussi fulgurant que Tokio Hotel, mais il était heureux, et je l'étais pour lui. Georg, lui est devenu médecin, comme ses parents l'avaient décidé lors de son enfance. Il jouait toujours de la basse, dans un petit groupe. Il prenait plaisir à retrouver la vie simple et paisible qu'il avait autrefois. Pour Tom et moi, nous étions toujours ensemble. Je n'avais pas oublié Iris, et j'en souffrais toujours, mais il était là. J'avais finalement terminé dans le domaine de la mode, et j'étais soit mannequin, soit créateur. Et croyez moi, j'étais le plus heureux des hommes. Tom, lui, avait monté sa chaîne de magasins d'instruments. Il était devenu un véritable homme d'affaires. Un homme d'affaires bien dans son genre. Il ne s'occupait de rien. Et c'était ce qu'il lui plaisait le plus : ne rien faire.
Nous nous retrouvions souvent. Nous étions tellement proches. Nous habitions dans la même ville, et nous passions tellement de temps ensemble, que chacun avait sa chambre chez l'autre. Le succès du groupe nous avait vraiment ouvert les portes à beaucoup de choses, et nous avait permis de faire ce que nous désirions. Grâce à notre notoriété, les affaires avaient commencé bien vite, et avait été directement très fructueuses. De temps en temps, la mélancolie étant plus forte qu' à d'autre moment, nous ne résistions pas à faire quelques concerts. Et les fans étaient toujours au rendez-vous, comme au summum de notre gloire. Ça nous faisait du bien de retrouver la scène et les sensations toujours aussi tripantes.
Nous avions aussi pu retrouver nos familles et nos anciens amis. Andréas était toujours là. Nos parents respectifs étaient tellement fiers de leurs enfants. Tom avait réussi à tout avouer à nos parents qui l'avaient extrêmement bien pris et l'avaient même félicité en le serrant dans leurs bras comme lorsque nous étions petits et qu'ils étaient heureux d'une note qu' on leur avait ramenée.
- Tant que tu es heureux comme ça, ça nous va ! Et je suis fière d'avoir un fils comme toi. Vous êtes tellement beaux mes fils.
Avait dit notre mère en apprenant la nouvelle. Elle avait réussi sa vie disait-elle. Elle était au comble du bonheur.
Je ne pouvais m'enlever de la tête tout ce qu'il m'avait dit, ça me tourmentait. Et au fond, je me demandais même si je n'étais pas jaloux de tout ça. Si je n'aurai pas préféré être à la place de ce secret, et occupait cette place en plus de la mienne dans le c½ur de Tom. Mais je trouve quand même que je l'aie relativement bien pris.
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En voyant la porte s'ouvrir sur ça, je lâchai mes sacs de surprise, et ma mâchoire me tomba. Je balbutiai quelques mots, incapable d'en aligner deux. Je me trouvais en face d'un miroir me disais-je. Ce ne pouvait pas être possible. J'étais en face d'une personne, exactement comme moi. J'avais l'impression de me voir moi. Un homme se trouvait en face, dans l'encadrement de la porte d'entrée de mon appartement, se tenant comme moi, habillait dans le même style extravagant de moi, avait la même voix que moi. Je n'y croyais pas. C'était mon sosie. Il semblait tout aussi choqué que moi, puisque lui aussi avait la bouche grand ouverte, et rougissait tellement que je ne pouvais pas deviné sa couleur de peau. Nous étions restés un moment comme ça à s'observer sans pouvoir parler ni faire quoi que soit. En étant pétrifiés face à l'image similaire à la nôtre que nous renvoyait cette personne. J'étais réellement choqué.
Mon frère finit par arriver, il avait les yeux rougis, et son visage était tiré. Il venait de pleurer. Ignorant cette chose qui me bloquait le passage, je pris Tom dans mes bras. La première chose que me dit mon frère c'est :
- Je t'aime Bill. Tu peux pas savoir comment. Plus jamais tu me laisses seul. Plus jamais, t'entends ?
Il me serrait tellement fort contre lui, que je pouvais sentir son c½ur battre contre mon torse. Je le serrais si fort moi aussi. Les larmes me montaient, nous avions étés séparés trop longtemps. Et je lui promis de ne plus jamais partir si loin et si longtemps. Ç' avait été trop pour moi aussi. Et je me rendis compte qu'il n'allait pas bien du tout. Je fus pris de remords insoutenables quand il me dit, toujours dans notre étreinte, que je lui avais tellement manqué, et qu'il avait été si mal sans moi. Je ne savais pas quoi faire. Je m'excusai. J'étais si malheureux d'un coup, et je ne pus faire autrement que déposer un chaste baiser sur ses lèvres, comme quand nous étions petits et que l'un de nous n'allait pas bien. J'entendis alors un raclement de gorge qui me sortit bien trop brutalement de mes pensées, bien que douloureuses.
Mon « double » était derrière nous et me regardait d'un air mauvais en rentrant mes bagages. Je finis par aller l'aider à les mettre dans ma chambre et lui demander qui il était. Tom dû venir l'aider. Il préféra sortir, aller dans un lieu public, rien que lui& moi. Je n'en avais pas envie, je n'avais envie que de me coucher et me réveiller à côté de Tom et sans cette chose qui me ressemblait bien trop. Comment cela pouvait- il être possible ? Tant de questions, qui à cause de l'émotion et de la fatigue, me rendait plus faible et tourmenté que je ne l'étais déjà. J'avais envie d'avouer à Tom ma souffrance par rapport à la rupture avec Iris, mais ma curiosité, toujours mal placée, me poussait plus à lui demander le pourquoi du comment, plutôt qu'à lui expliquer ma propre situation.
C'était vraiment énorme ce qu'il m'avoua ce jour là, et je ne sais toujours pas ce qui m'a le plus anéanti dans cette histoire: la fatigue du voyage, la souffrance de la rupture, la découverte de cet énorme secret, ou le fait que j'avais été incapable de me douter de quoi que se soit lors de ma présence. Encore aujourd'hui, je suis tourmenté par toutes ses questions, parce- que, quoi qu'il en soit, quoi qu'il se passe, je ne me pardonnerai jamais d'avoir laisser mon frère seul et aussi perdu, jamais je ne me pardonnerai de n'avoir rien vu, de ne pas avoir remarqué tout ce qu'il se passait en lui, je serai toujours soucieux, persécuté par le fait que, et maintenant je le sais, je ne faisais pas assez attention à mon frère et que je n'étais pas comme il l'aurait voulu. J'aurai pu tout être pour lui, j'aurai pu changer du tout au tout, j'aurai tout fait pour lui, je lui aurai tout pardonné. Mais jamais je ne me pardonnerai ça à moi-même. Je me demande, si je ne suis pas jaloux, voire triste de ne pas être mon sosie.
Il m'emmena à une vidéothèque, et c'est devant les films d'horreur gores qu'il m'expliqua tout. Il disait qu'il préférait le faire ici, parce- qu'il n'était pas obligé de me regarder dans les yeux, et qu'il ne serait pas obligé de supporter mon regard lourd de reproche ou alors de dégoût, voire même de pitié. Mais jamais je ne l'aurai regardé de pareille manière. Il était complètement déboussolé. Je l'écoutais parler, sans perdre un mot de ce qu'il me racontait. Je restais le regard rivé sur l'illustration du boîtier d'un film que j'avais déjà vu : Teeth. En écoutant Tom parler, je pensais en même temps à Iris, et me rendis compte que, si on regardait bien, j'avais en quelque sorte vécu ce que vivent ces pauvres gars dans le film. Elle m'avait rendu accro à elle, et j'étais devenu impuissant sans elle, elle m'avait castré en quelque sorte. Je souris quelque peu, et Tom prit ce sourire comme du réconfort, ça me fit du bien. Il finit de me raconter toute son histoire en me regardant dans les yeux, sans ciller. Je fus impressionné de la sincérité que l'on pouvait lire dans son regard, de la tristesse qui s'y trouvait, du remord, et de l'amour. Il y avait tellement de courage. Il avait les yeux brillants, et n'osait pas cligner des yeux pour ne pas faire couler ses larmes, il tenait fermement une de mes mains dans la sienne, et j'avais à mon tour envie de pleurer. Comment j'avais pu être aussi aveugle, pauvre imbécile que j'étais ?!
PointdevuedeTom :
Une fois le moment fatidique passé, on reprit une vie normale. Je devins l'homme le plus heureux de la terre lorsque le groupe se sépara. J'eu encore d'autres moments difficiles, mais j'étais bien entouré. Ce ne fut pas facile tous les jours...
Si je suis ici aujourd'hui, c'est à cause de Bill. Mon frère. Il m'a dit qu'on avait besoin de parler à d'autres personnes que des gens de notre entourage. Pour mon compte, je n'ai absolument pas besoin de vous, mais je pense que lui : oui. Il est bizarre, et je sais que c'est à cause de mon secret, ce ne peut pas être à cause d'autre chose. Ça le tracasse encore. Et pourtant, cela fait longtemps ! Je sais que ça doit être dur, et qu'il fait beaucoup d'efforts, mais des fois, j'ai comme l'impression qu'il est jaloux de comment je suis avec mon secret.
En parlant de lui, je suis vraiment heureux avec. Et quelque part, ça me soulage, je me dis que je n'ai pas à avoir honte de ce que j'ai fait, même si à l'origine, ce n'était pas pour les mêmes raisons qu'à présent, mais je me réconforte avec l'idée, que le hasard fait bien les choses.
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Le jour de son retour, après sa découverte, et la rencontre qui n'était pas du tout prévue comme ça, je l'emmenai dans une vidéothèque pour tout lui avouer. Jamais je n'aurai eu le courage d'affronter son regard, ou même d'être seul avec lui. J'étais vraiment mal en point ce jour là, le stress me rongeant. Une fois dans cet endroit, je me sentais un peu plus sûr de moi, je savais que ma fierté masculine ne me permettrait jamais de craquer dans un lieu public, et que jamais je n'oserai me mettre à pleurer ou à hurler mes sentiments devant tout le monde, et que par ma notoriété, je devais faire attention, et qu'il ne fallait surtout pas attirer l'attention sur nous deux.
Je lui avouai donc tout, avec une telle envie de craquer, de pleurer et de partir en courant que ma voix sa cassait en permanence. Tout ce stress qui me tordait les entrailles, toute cette joie de le retrouver, cette honte à cause de mon secret. Tout un mélange de sentiments qui me rendait fou. Et je n'arrive toujours pas à savoir d'où ce courage m'était venu. Jamais je ne me serai cru aussi courageux. Je lui avais tout dit d'un trait, sans m'arrêter et surtout sans ciller. Je ne voulais pas qu'une seule larme coule, parce- qu' après tout, c'était de mon bonheur dont je parlais.
Je savais qu'il finirait par m'accepter, mais c'était quand même énorme à avouer, que se soit à son frère ou à qui que se soit d'autre. Imaginez vous devoir dire que vous avez payer une personne pour s'habiller, se maquiller, se comporter et répondre au nom de son propre frère jumeau. Imaginez- vous devoir avouer que vous avez payé un gigolo parce- que vous étiez tombé amoureux de votre jumeau. Imaginez- vous à dire ça ! Jamais je ne pensais que j'y arriverai, mais je fus bien obligé à cause de mes sentiments.
À l' origine, je n'aurai pas dû tomber amoureux de ce faux Bill. Son vrai prénom étant Adrian. J'étais allée le chercher à l'agence où il travaille. Je l'avais choisi parmi une grande liste d'autres hommes prêts à se faire payer pour devenir mon frère. On s'était rencontrés dans un café pour faire connaissance et voir si on pouvait s'entendre. À l'origine, il devait juste assouvir toutes mes envies. Et je l'avoue, je le payais pour coucher. C'était à l'origine.
À l'origine donc, il devait juste être mon « jouet », ça me fait du mal de parler de lui comme ça, mais c'est-ce qu'il était à l'origine. Et tout à commencer à changer, quand, par la force des choses, je suis tombé amoureux. Tout ne s'est pas fait d'un coup, dans un claquement de doigt, mais petit- à- petit. Mon frère étant toujours absent et omnibullé par sa Iris, je me confiais à lui, il était très gentil et doux. Il était tendre. Je lui disais donc tout, sans réfléchir, et il jouait tellement bien le jeu que parfois, j'étais persuadé d'avoir mon frère en face. Il finit par tout savoir de ma vie, parce- que lorsque je suis mal, je parle, je parle beaucoup et souvent trop. Et bien- entendu, j'étais très souvent mal. Vous vous imaginez loin de la personne dont vous avez besoin de vivre ? Loin de la personne que vous connaissez depuis toujours ? Loin de cette personne qui vous connaît par- c½ur ? Loin de cette personne à qui vous dites tout ? Loin de cette personne avec qui vous passez toute votre vie ? Loin de cette personne qui vous le savez, ne vous abandonnera jamais ? Loin de la personne que vous aimez ! Vous imaginez ? Je ne pense pas que l'on puisse imaginer dans quelle détresse j'étais, et le mal-être qui m'habitait à ce moment là. Je ne pense pas que se soit possible que quelqu'un manque à une personne autant que mon frère m'a manqué !
Et donc Adrian, lui, était là. Il a été là pour me soutenir. Il était payé pour faire ça, c'est vrai, mais dans tous ses gestes, il n'y avait jamais de pitié, jamais il avait des gestes faits pas obligations. Et c'est comme ça que je suis tombé amoureux de lui. Pendant cette période de ma vie, j'étais faible, j'étais fragile et très influençable. Il le savait, et il n'a jamais abusé de la situation, et c'est pour ça que je l'aime. Il n'a jamais profité de moi, jamais il n'a profité de ma faiblesse. Au contraire, il me soutenait. Au fur et à mesure que les jours passaient, que les semaines défilaient, mes sentiments changeaient. J'aimais mon frère, mais différemment, et progressivement, mes sentiments ont changé, et je doutais d'autant plus que j'étais amoureux de Bill. Mais duquel ?
Au départ, il n'arrivait pas à me combler, parce- que lorsque je l'appelais, j'appelais réellement mon frère, et en le voyant arriver, je savais que ce n'était pas mon jumeau, j'étais donc déçu, et me renfrognait. Je me rappelle d'une fois, où je lui avais demandé de m'aimer. Il l'avait pris pour lui. Et c'est à ce moment là, que je compris qu'il se donnait à fond dans notre relation. Relation particulière, que nous pouvions comparer à une relation de patron à employé. Mais ce n'était pas ça, il ne me considérait pas comme son client, je n'étais pas son patron. C'est compliqué à comprendre, et ça l'était d'autant plus à vivre.
Du gigolo qui se faisait payer pour baiser, il est passé au stade d'amant, et maintenant, de concubin. Notre relation à évoluer, et dans le bon sens. Maintenant que mon frère est au courant de tout ça, je me sens plus libre, et surtout plus heureux. Je suis à présent comblé.
